Le passage de La Tanière à la Légende

Quand est venu le temps de présenter sa candidature au comité des cinq derniers chefs de l’année, Frédéric Laplante et son associée et compagne de vie, Karen Therrien, étaient déjà dans tous leurs états. Comme on dit, ils avaient les quételles, la broue dans le toupet… et tout, et tout. On était alors au seuil de l’ouverture de leur nouveau commerce, le restaurant Légende par La Tanière.

Or, c’est bien beau tout ça : l’obtention du titre de Chef régional 2014, puis celui de Chef national…   mais encore faut-il s’occuper de mener de front toute cette galère et de la mener à terme. Si l’on a le temps de fignoler et de faire dans la dentelle… passe encore. Mais quand on doit soutenir la réputation d’un 5 diamants au CAA/AAA et tout autant d’étoiles au Guide Resto Voir, c’est une toute autre histoire. Et si en plus on doit ouvrir un nouveau commerce dans les heures qui suivent votre nomination… Alors là, on n’a plus le temps de jouer les vedettes ou d’esquiver ses responsabilités par une entourloupette. Tous ses collègues savent  bien que Frédéric Laplante n’a pas volées ni ses diamants, ni ses étoiles,  et que c’est un professionnel aussi sérieux qu’inspiré.

 Ce titre qui n’est pas un achèvement mais une prémisse

L’approche culinaire préconisée par le chef Laplante a toujours été complètement éclatée. S’il ne lésine pas sur l’audace, il ne dénature pas pour autant le produit d’origine. Au contraire, il tente à chaque fois d’en maximiser les qualités. Son truc à lui, c’est la valorisation des produits du terroir : cuisine boréale à La Tanière, interprétation de la tradition au Légende. Potaufeu a donc voulu savoir comment, depuis mai dernier, Frédéric Laplante a su intégrer son nouveau titre de Chef cuisinier national 2014 dans les cadres déjà si distingués de ses restaurants ?

Toujours égal à lui-même, le chef a répondu ànos questions de la façon pondérée et réfléchie qu’on lui connait. Dans un premier temps, il a bien sûr tiré profit de sa nouvelle reconnaissance directement auprès de sa clientèle mais aussi dans les médias sociaux. Tout cela allait de soi puisqu’au niveau national l’hommage ne peut être reçu qu’une seule fois dans la carrière du lauréat. Mais a-t-il pu intégrer de facto son nouveau titre à la campagne de publicité qui accompagnait l’ouverture du Légende ?

Le chef précise : « Évidemment nous avons profité de cette reconnaissance lors de notre ouverture officielle qui s’est tenue sur deux jours, soit les 4 et 5 juin derniers. D’entrée de jeu, les médias présents ont été mis au parfum afin de jumeler les deux nouvelles, à savoir : l’ouverture du nouveau commerce et la nomination… Les retombées dans les médias ont été extrêmement stimulantes et, à ce jour, la réponse de la clientèle est encore extraordinaire!… »

Par ailleurs, du fait que le titre était soutenu cette année par Colabor Distributeur alimentaire, le chef Laplante savait fort bien qu’il allait se retrouver sous les projecteurs de la dynamique entreprise pancanadienne. Il en devenait en quelque sorte un porte-étendard. Dans le concret, cela veut dire que Colabor acceptait d’offrir au professionnel émérite qu’est Frédéric Laplante le soutien de toute sa crédibilité. Mais écoutons plutôt ce que nous en dit notre lauréat :

« Il est évident que la présence d’un commanditaire qui jouit d’une renommée telle que celle de Colabor ne peut qu’être essentiel dans la carrière d’un chef. Cela vient en quelque sorte étoffer sa reconnaissance. Il est donc souhaitable pour tous les chefs cuisiniers et pâtissiers qu’un soutien concret provienne des entreprises avec lesquels ils travaillent au quotidien. Notre rôle n’est-il pas  de mettre de l’avant leurs produits? Qu’en retour ils nous épaulent dans des évènements aussi déterminants pour la carrière d’un chef ou d’un pâtissier, telle que la nomination du Chef de l’année,  cela reste dans la logique des choses. »

 
Le premier devoir du Chef cuisinier national

Au demeurant, on se rappellera que c’est Mme Caroline Simard, députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré et adjointe parlementaire du premier ministre, que le ministre Paradis a  déléguée pour le remplacer au gala, lui-même n’étant pas en mesure d’y assister. En politique, unchoix n’est jamais tout à fait le fruit du hasard.  Mme Simard  est native de la région où se tenait le gala et possède près de 20 ans d’expérience en communication marketing, plus précisément en recherche marketing. Par ailleurs, elle connaissait notre lauréat et la position qu’il occupe dans le milieu gastronomique et  touristique. Voici les commentaires de cette dernière relativement à cette nomination:

« Par leur créativité, les chefs québécois, comme Frédéric Laplante, mettent en valeur le savoir-faire indéniable de milliers de producteurs, de pêcheurs et de transformateurs de chez nous. Le prix que reçoit M. Laplante fait de lui un véritable ambassadeur pour les aliments d’ici. En ce sens, cette reconnaissance contribue au développement touristique et au rayonnement économique de notre région.

On le sait tous, les consommateurs sont de plus en plus curieux, mais ils sont aussi très exigeants. Alors quand, au restaurant, ils sont charmés par un délicieux repas concocté à partir d’ingrédients du Québec, nous augmentons certainement les chances qu’ils ajoutent ces produits dans leur panier d’épicerie. »