Par Sophie Benoît


Les pêcheurs, les cuisiniers, les chefs ainsi que les consommateurs ont tous une responsabilité face à la préservation des ressources marines et un choix à faire quant à la consommation ou la préparation aux clients de certaines espèces ayant parcouru de très longue distance, et menacées de disparaître à très court terme. 
 

Slow Food, tout comme Greenpeace et d’autres organismes, sont des acteurs importants dans la réflexion sur l’état des ressources marines et sur son avenir dans le monde. Ils possèdent des moyens d’actions considérables pour conscientiser les gens.
 
Depuis ses débuts, Slow Food soutient des -campagnes d’information adressées aux consommateurs. Dans le choix des poissons et fruits de mer à consommer, il faut le plus possible privilégier le respect des saisons, choisir des espèces qui ne soient pas menacées par la surpêche, et ouvrir son palais à toutes les variétés, toutes aussi savoureuses, et que la plupart des gens ne consomment pas régulièrement.
 
Les choix des consommateurs et des cuisiniers sont essentiels pour réduire l’exploitation de nos mers et soutenir la consommation durable de poisson. C’est précisément à ces acteurs que s’adressent les campagnes internationales Slow Fish, afin de les informer et de valoriser le poisson bon, propre et juste.
 
Les cuisiniers ont un grand rôle éducatif à jouer. C’est à eux qu’incombe la responsabilité d’adopter une politique responsable d’approvisionnement, en proposant des plats à base de poissons peu connus et peu consommés, mais savoureux. Il est donc primordial qu’ils disposent d’informations précises et fiables sur la pêche et l’aquaculture durable, mais aussi qu’ils instaurent des rapports stables avec des pêcheurs et fournisseurs capables de leur procurer des produits de grande qualité. 
 
Slow Fish tient aussi une grande manifestation bisannuelle, consacrée au monde de la mer et aux écosystèmes aquatiques, qui se tient à Gênes, en Italie. La -cinquième édition avait lieu du 27 au 31 mai dernier et 40 000 personnes ont assisté aux conférences, rencontres, ateliers et dégustations qu’on y a présentés. 
 
De la pêche durable au Québec. 
Connaissez-vous les espèces comestibles du Saint-Laurent ? 
 
Au Québec, on retrouve un programme de certification, développé par Exploramer, en Gaspésie, tout à fait en accord avec les principes de Slow Food : Fourchette Bleue. Créé en 2009, il vise la saine gestion des ressources marines en encourageant les restaurants et les poissonneries à offrir des saveurs méconnues parmi les nombreuses espèces comestibles du Saint-Laurent. La première année, il n’y eut que 32 inscriptions. Mais cette année, 
80 restaurants et poissonneries du Québec ont adhéré à Fourchette Bleue. Sandra Gauthier, directrice générale d’Exploramer, nous dit que l’intérêt provenant de diverses régions du Québec était si fort qu’ils ont décidé de permettre aux chefs et poissonniers, à l’extérieur de la Gaspésie, d’offrir à leurs clients des espèces du Saint-Laurent. Un cahier des charges est envoyé à tous les participants avec la liste des espèces disponibles. Parmi les conditions demandées, on retrouve la sélection de deux espèces qui seront au menu ou au comptoir de façon régulière ; sur le menu des restaurants, le logo -d’Exploramer devrait apparaître ; et le personnel devrait informer la clientèle de la provenance locale de ces poissons.
Bien sûr, les poissons sont disponibles en quantité suffisante et ils sont capables de supporter une -commercialisation plus importante. Parmi la liste des 23 espèces, on trouve entre autres : bourgot, chaboisseau, crabe maquereau, oursin vert, laminaire, crabe commun, mye commune et mactre de Stimpson.
Vous devez savoir…
Pour 2011-2012, le coût de certification sera de 100 $ par entreprise. Ceci permet d’utiliser la marque de commerce Fourchette bleue pour une durée d’un an. Ce prix comprend les outils promotionnels reliés directement à la certification, soit : l’affiche promotionnelle, le prospectus informationnel, les outils d’identification, ainsi qu’une présence Web. Une facture de 100 $ sera envoyée avec le protocole d’entente.
 
Pour les restaurants, un minimum dedeux mets différents devra être proposé au menu lors de la période de certification. De plus, ceux-ci doivent être disponibles en tout temps pour une période d’un an.
 
Pour les poissonneries, un minimum de deux espèces devra être présenté au comptoir pour la période de certification.
La certification en deux étapes:
  1. Nous contacter pour obtenir le cahier des charges qui vous -permettra de connaître tous les détails reliés à la certification.
  2. Demander et signer le protocole d’entente.
La consommation de certaines espèces est aussi liée à la culture et aux traditions culinaires. Certains poissons du Saint-Laurent ne sont pas consommés au Québec mais exportés en Asie. Mme Gauthier cite l’exemple du chaboisseau, d’apparence peu attrayante, et méconnu au Québec, alors qu’en Europe, c’est un poisson considéré haut de gamme. Pour les prochaines années, le défi demeure dans la constance de l’approvisionnement. 
Être partenaire d’un pêcheur
Aux États-unis, d’autres initiatives qui encouragent la production équitable de poisson et la consommation responsable ont vu le jour. Par exemple, Walking Fish réunit une communauté qui supporte la pêche, reliant ainsi les pêcheurs sur la côte de la Caroline du Nord aux consommateurs. Tout comme on peut être « partenaire d’un fermier », les gens peuvent aussi encourager des pêcheurs locaux en faisant un paiement à l’avance pour le partage du poisson et des fruits de mer frais. Par cette initiative, on cherche à reconnecter les communautés avec leurs systèmes alimentaires et encourager des pratiques de pêche à faible impact pour l’environnement.
 
Sites à visiter
Pour s’inscrire au programme La fourchette bleue et connaître la liste des restaurants et poissonneries participants, consulter le site :
Pour connaître les actions de Greenpeace et la liste des poissons durables et ceux à éviter :