Par Jean-François Dommerc

Ça y’est, c’est déjà septembre. Les chauds rayons d’été vont bientôt laisser place au calme blanc de l’hiver. Quelle belle saison nous avons eue. Les fraises étaient sucrées et remplies de soleil. Les asperges, délicieuses et craquantes, se retrouvaient en abondance sur les étals. Les marchés, pleins à craquer, nous offraient un spectacle tout en couleur qui continuera de nous enchanter jusqu’aux premiers balbutiements de l’hiver. Comme pour nous préparer, les poireaux, le maïs et les légumes d’automne viendront changer nos habitudes et avec eux nous renouerons avec le charme réconfortant des plats d’automne et d’hiver. 
 
Cette année, plus que jamais, beaucoup de produits d’ici arborent fièrement leurs origines : Aliments du Québec. Sur toutes les tribunes on vante désormais les vertus qualitatives, quantitatives voire économiques des produits alimentaires québécois. Peu importe les raisons qui les motivent les locavores, foodies et autres amateurs de bonne chair rejoignent les chefs dans un grand mouvement où tous semblent y trouver leur compte. C’est bien. Après un détour relativement court, depuis les années 1960, il semble que nous revenions à la source puisqu’après tout consommer local et de saison a toujours fait partie du mode de vie des humains.
 
Qu’avons-nous découvert dans notre périple d’approvisionnement autour du monde ? Nous avons découvert des produits et des saveurs qui nous étaient inconnus. Nous avons développé nos goûts, nos techniques et notre esprit critique. Nous avons appris que la production agroalimentaire des pays mal ou pas normalisée comporte des risques alimentaires parfois difficiles à évaluer. Nous avons compris que le développement économique et durable du Québec repose de façon importante sur la production de denrées alimentaires locale et spécialisée. Nous avons appris à mieux mettre en valeur et à mieux transformer nos aliments. Nous sommes devenus de meilleurs maitres fromagers, sommeliers, cultivateurs, éleveurs, chefs, boulangers, nutritionnistes, enseignants et gourmets. Par dessus tout, nous avons découvert que manger frais et de saison comporte des avantages indéniables sur notre plaisir et notre fierté nationale. 
 
Cette édition du magazine des chefs est consacrée en partie aux produits issus de notre terroir et aux gens qui en font la promotion. Aujourd’hui, tous les ingrédients sont enfin réunis pour faire des produits alimentaires québécois des spécialités à privilégier dans nos choix d’approvisionnement pour en arriver à un meilleur équilibre de consommation. Les réseaux de distribution de grand volume progressent et se préparent à répondre à la demande sans cesse croissante pour nos produits. Les chefs qui sont des acteurs de premier niveau dans cette révolution en marche continuent de rivaliser d’originalité dans la mise en valeur des produits d’ici. Ils (elles) jouent un rôle crucial d’éducation et de promotion. Plus que jamais le terme « la cuisine du marché » reprend son sens.
 
En terminant je vous invite à visiter le tout nouveau portail des 
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Bonne lecture et au plaisir de vous retrouver dans notre édition de décembre.

Jean-François Dommerc

Crédits photo: André Caty