Par Dominique Gauvrit
Président de l’ABAQ

La reconnaissance, un bon outil de gestion


En tant que gestionnaires et patrons, on peut se demander ce que nous pourrions faire pour encourager nos apprentis à persévérer dans ce milieu professionnel. Pour l’avoir expérimenté, j’ai pu me rendre compte que l’atmosphère de travail a une importance primordiale pour conserver notre personnel. Le premier outil à notre portée est simple et d’une efficacité insoupçonnée. Il s’agit de savoir faire preuve de reconnaissance, d’une façon juste et constructive. Ce qui ne signifie pas de distribuer gratuitement et sans discernement les compliments à tout venant.

Une reconnaissance éclairée
Une observation sur un progrès, une remarque positive qui tienne  compte des efforts d’amélioration sur une attitude donnée, un signe aimable faisant comprendre à votre employé qu’il compte vraiment dans l’entreprise et qu’on a besoin de lui… Ces petites marques d’estime peuvent faire toute la différence. L’employé doit sentir qu’il est reconnu dans ses avancées, dans ce qu’il est pour l’entreprise. Il y aura alors beaucoup plus de chance qu’il veuille poursuivre et grandir au sein de celle-ci et son sentiment d’appartenance s’en accroîtra d’autant. Il prendra conscience qu’il est vu et reconnu dans son intégrité individuelle, tant dans ses erreurs que dans ses bons coups. On sait que dans un processus d’apprentissage, ces deux aspects se côtoient sans cesse… Il n’y a rien de plus anémiant qu’un employé anonyme, prostré dans son coin et dont on ne remarque pas le travail.

Pour arriver à estimer de façon juste le travail de chacun, la personne en poste d’autorité doit, parmi ses milles tâches, aiguiser son sens de l’observation. Une autre façon de mettre en pratique cette reconnaissance au quotidien, c’est de dialoguer avec vos employés ou vos apprentis afin de savoir sur quels aspects il a besoin d’être reconnu… Cela parce qu’on a naturellement tendance à reconnaître chez autrui ce qui fait défaut d’abord chez soi-même.

N’oublions pas que pour inciter les jeunes à rester dans ces professions qui, il faut bien l’avouer, sont plutôt exigeantes, il faut les encourager et laisser place à l’expression de leurs talents et de leur créativité. Cela demande un suivi et un encadrement constants. Le besoin d’être encadré et reconnu est le terreau dans lequel pourra justement s’exprimer cette créativité.

Si les besoins de base qui sont : la sécurité d’emploi, un salaire décent et ce sentiment d’accomplissement et de valorisation dans la profession, sont comblés, il serait alors étonnant que quelqu’un qui a choisi ce milieu par passion le quitte. Plus les jeunes travailleurs et travailleuses seront épanouis, plus ils arriveront à transmettre leur passion à leurs collègues. En tant que leaders, nous avons la responsabilité de rendre heureux les gens qui travaillent pour nous. Il en va de l’avenir du métier… Il en va également de notre milieu de travail.

En terminant, sachez qu’un pain peut techniquement être fabriqué à la perfection mais s’il n’est pas fait avec passion, ce ne sera jamais qu’un produit de qualité moyenne. Afin de rester dignes de leurs traditions et de leur grandeur, nos professions ont besoin d’enthousiasme.