Rose-Hélène Coulombe et Michel Jutras

S’adresser à l’humain est une condition prioritaire pour l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation

À la lumière de nos recherches et de nos échanges, nous venons partager avec vous certaines de nos réflexions et de nos constatations. Enfin, nous vous livrons quelques idées visant à bonifier et à assurer une place plus encourageante pour les générations à venir. 
 
Les préoccupations croissantes de la population à l’égard de la santé et de la qualité de son alimentation interpellent directement les artisans impliqués dans les industries agricoles et alimentaires.
 
L’alimentation a pris un nouveau virage grâce à des découvertes scientifiques qui sont venues élargir d’autant l’éventail des produits recherchés : les aliments fonctionnels, les nutraceutiques, les aliments aux propriétés spécifiques tels les antioxydants, etc.
 
Les enseignements de base en alimentation qui contribuaient à la qualité de la vie ne sont plus présents dans les écoles secondaires. La formation en cuisine professionnelle pourrait comprendre des cours d’histoire de l’évolution de la cuisine au Québec de même qu’une meilleure connaissance des productions agricoles et alimentaires et de nos terroirs.
 
Le secteur alimentaire est en mutation et les besoins de main-d’œuvre se diversifient ; il faut davantage de formations pour les métiers connexes à celui de cuisinier, par exemple : aide-cuisinier, cuisine en supermarché…
 
Il serait intéressant de sortir des cadres conventionnels pour offrir des programmes d’activités de découvertes du goût pour les élèves des niveaux primaire et secondaire. Voilà un beau projet de stage pour les étudiants en cuisine. 
 
Il serait de bon aloi de développer des projets de « mentorat » pour permettre à des nouveaux diplômés d’avoir accès plus facilement à l’expertise de nos professionnels, porte-étendards de notre culture culinaire dans toutes les régions du Québec.  
 
Les diplômés en cuisine professionnelle devraient être les chefs de file dans l’art de bien s’alimenter et exercer une bonne influence sur les habitudes alimentaires dans les milieux de travail, dans les résidences de personnes âgées, dans les centres d’activités pour la jeunesse. 
 
Nous sommes dans une aire de multidisciplinarité qui nécessite des échanges plus soutenus et permanents entre les cuisiniers et les professionnels de l’alimentation comme, par exemple, les diététistes et les autres travailleurs des réseaux connexes. 
 
Les consommateurs désirent mieux manger, découvrir des nouveautés. Cela implique un choix plus large de produits nouveaux, ou oubliés, ce qui représente de plus grands défis pour les créateurs culinaires.
 
Le meilleur remède à la mauvaise alimentation est encore l’éducation du goût, la valorisation et la diversification de l’offre alimentaire. 
 
Faire redécouvrir aux consommateurs le goût de cuisiner ; nous vivons, c’est évident, un retour au cocooning. Il faut revenir à une cuisine simple pour l’alimentation de tous les jours, à une cuisine mieux organisée, à une cuisine à base de produits plus accessibles répondant aux normes contemporaines en développement durable. 
 
La promotion de nos spécificités, de nos particularités régionales et la valorisation de la qualité et de l’innocuité de nos produits ne devraient-elles pas devenir le leitmotiv de la relève ?
 
« Il est urgent de faire une campagne pour valoriser les métiers de bouche, la cuisine et donner plus de place à notre relève qui sera notre élite de la culture culinaire de demain. »