Par Rose-Hélène Coulombe et Michel Jutras
Coopérative de solidarité Histoires de gourmands

Actuellement, la tendance accorde beaucoup ­d’importance à ces concepts. On parle de plus en plus d’achat local, de produits santé et de dévelop­pement durable.
 
Les communautés religieuses qui enseignaient aux futures mères avaient déjà compris ces principes au 19e siècle. Lors de recherches, nous avons découvert qu’en 1840, le livre La cuisinière canadienne…, publié à Montréal, donnait les conseils suivants : « Une sage économie domestique […] proportionnée aux moyens des familles canadiennes ». On indiquait alors l’importance d’utiliser des produits frais qui parviennent de la région. On conseillait aussi de planifier ses menus pour utiliser au maximum les aliments achetés aux marchés et d’éviter les pertes et les gaspillages. Par ailleurs, le livre de La cuisine raisonnée, un classique de la Congrégation Notre-Dame, était tout aussi pertinent à ce sujet. Le but premier de ce volume a été de « permettre à nos mères d’utiliser au maximum ce que l’on produisait dans le pays pour avoir un peuple fort et en santé ».
 
La plupart des communautés religieuses avaient leurs propres fermes que l’on appelait des « métairies ». On y appliquait déjà trois principes gagnants de gestion alimentaire : la préoccupation d’autosuffisance, l’importance de la fraîcheur des produits pour conservation immédiate ou pour conservation à plus long terme et, par souci d’économie, la gestion des menus afin d’éviter le gaspillage. De plus, aucun additif ou préservatif n’était intégré dans la production des aliments pour le bétail.
 
En 2011, une bonne façon d’acheter local c’est de s’approvisionner selon les arrivages dans les marchés publics à proximité de chez-soi. Aujourd’hui, de plus en plus de supermarchés donnent la priorité aux fruits et légumes frais de leur région afin de satisfaire aux attentes de leurs consommateurs et consommatrices.
Les marchés publics 
 
Saviez-vous que le premier marché de la Ville de Québec a vu le jour en 1609 ? Les habitants y apportaient leurs produits pour les vendre… ou plutôt pour les échanger contre d’autres biens essentiels car, à l’époque, l’argent était pratiquement inexistant. À Montréal, le premier marché se trouvait au départ sur le site actuel de la Place Royale. Le Marché Bonsecours a quant à lui ouvert en 1852. Les moyens de conservation étant très rares, les marchands se devaient d’apporter les produits les plus frais possible pour réussir à les vendre.
 
Au cours des années ’60, on a assisté à la disparition des marchés publics au profit des supermarchés. Il semble qu’on aurait voulu troquer la fraîcheur pour la facilité de tout trouver sous un même toit. 
 
Depuis quelques années, on assiste à un retour en force des marchés publics qui prennent toutes sortes de formes : marchés de quartiers, marchés d’une demi-journée… Est-ce de la mélancolie du passé ? On estime qu’au Québec, le nombre de marchés publics serait, bon an mal an, d’environ soixante-quinze. 
Le carrousel du temps ou tout ce qui passe revient…
 
Une autre façon de s’approvisionner en produits frais c’est de se rendre à la ferme, certaines offrent la vente en kiosque fermier. On assiste aussi de nos jours à la confection de paniers de fruits et légumes qui peuvent même être livrés dans les établissements. Certains producteurs reviennent également à la méthode de livraison directe aux établissements… N’était-ce pas la mode dans les 
années ’70 que l’on appelait la « vente itinérante ».
 
À notre avis, les enjeux des prochaines années résident dans un mariage des deux types de vente au détail : offrir des produits frais, de proximité et qui respectent nos saisons et les principes du développement durable, en ne perdant rien de ­l’efficacité et de la facilité d’accès et de choix qu’ont amené les grandes surfaces des supermarchés dans les années ’50 et ’60.
 
On ne le répètera jamais assez, l’agriculture québécoise c’est les saisons.
 
 
Nos coups de coeur de la saison
 
Notre chef
Denise Cornellier de Cornellier Traiteur à Montréal. 
Pour sa créativité et la production de produits haut de gamme. Une entreprise qui a su élargir sa vocation de traiteur d’événements à traiteur de produits cuisinés pour le consommateur. Sa devise : Toujours avoir une même vision de beau, bon et bien fait ! 
 
Notre entreprise
Terroirs Québec, Cédric Fontaine
Pour l’instauration de la vitrine virtuelle de vente de produits régionaux et son entente avec l’Association de l’agrotourisme et du tourisme gourmand pour la distribution des produits des « Relais du Terroir » via le WEB – Un bel exemple de maillage qui a permis de maximiser les forces de chacun.
 
 
Pour plus d’informations, 
consultez notre coopérative de solidarité Histoires de gourmands
www.histoiresdegourmands.ca 

Crédits photo: Michel Jutras