Par Hugues Viau

Pêcheries Norref Québec

Cette petite reconnaissance quotidienne, le sel de la terre

La reconnaissance… Elle peut s’exprimer en diplômes. Elle s’exprime aussi en prix. Elle s’exprime en médailles. La reconnaissance. On l’exprime parfois lors d’hommages ou lors d’évènements. Elle peut aussi s’exprimer de façon plus tapageuse lors de soirées glamour.

Mais qu’en est-il de la reconnaissance au quotidien ? Celle qui vient agrémenter des journées plus difficiles ? Celle qui pousse à en donner un peu plus, sans attendre de compensation matérielle en retour ? Cette reconnaissance qui fait qu’à salaire égal, et même parfois un peu moindre, on demeurera loyal envers un employeur ? Celle-là est plus difficile à quantifier. Celle-là, c’est à la fois tout, et rien. Elle s’exprime par des gestes discrets, semés dans le quotidien. Elle s’exprime par une attitude. Ce qui différencie la reconnaissance au quotidien de la reconnaissance formelle ? La première peut difficilement être feinte, et, lorsqu’elle l’est, celui qui en fait l’objet le ressent presque à tout coup.  Elle fait du bien à l’âme de qui en est tributaire.

Des deux côtés de la clôture

Le domaine de l’alimentation est un milieu dur. Très dur. Que l’on soit en cuisine ou en représentation ; que l’on passe nos journées devant le passe, ou devant un écran d’ordinateur ; que notre meilleur ami soit un couteau bien aiguisé ou une calculatrice… Ça a toujours été, et de tout temps, un métier pour gens passionnés. Que l’on soit d’un côté ou de l’autre de la clôture, nous faisons, en grande majorité, ce métier pour les mêmes raisons : la passion que l’on éprouve en l’exerçant, la satisfaction de retirer un salaire pour notre passion, et l’accès quotidien à une caféine bon marché, sur notre lieu de travail…
Mais, blague à part, si l’on jette un regard plus objectif à l’aspect « longévité au sein d’une même entreprise », le domaine de l’alimentation n’en sortira pas particulièrement avec la mention d’un premier de classe. En tant que représentant, je suis à même de le constater dans mon quotidien, surtout lorsque je parle avec certains chefs qui peuvent travailler jusque dans deux à trois établissements par année. Cuisine italienne, cuisine du monde, cuisine française… Show me the money… Même chose pour les représentants qui se bâtissent un réseau de contacts, et qui vont ensuite le vendre au plus offrant. Fruits et légumes, assiettes, viande… Show me the money!  Mais qu’est ce qui fait que, pour une partie de ces travailleurs, l’argent n’est pas tout ? Il est fort probable que les conditions de travail pèsent lourd dans la balance lorsque vient le temps de considérer un changement d’emploi.

Lorsque je parle de conditions de travail, ne vous méprenez pas sur mon propos. Je ne parle pas de comptes de dépenses astronomiques ou de plan de retraite béton. Non. Je parle de conditions de travail au quotidien. Je parle d’un retard qui n’est pas relevé, d’une erreur qui n’est pas évoquée ou d’un oubli qui n’est pas cité. Je parle d’un climat de confiance. D’une ambiance de travail pouvant être sereine même lorsque explosive. Je parle d’une saine compétition à l’interne. D’une équipe qui est en mesure, même lorsque des sommes d’argent importantes sont en cause, de défendre un employé qui n’est pas sous son meilleur jour.

Un échange de bons procédés

Il n’est pas donné à tous de comprendre ce type de reconnaissance, et encore moins d’avoir la capacité de l’exprimer. Tous les gestionnaires ne sont pas non plus à même d’exprimer cela. Un titre ne fait pas nécessairement d’eux des meneurs. Un titre accentue seulement ce qu’ils sont. Pour certains inconscients qui pensent que le capital humain n’est négociable qu’en termes de dollars, d’autres meneurs auront compris que, sans leur équipe, ils ne sont rien. Pas de formule magique. Pas de tour de passe-passe. S’ils ne prennent pas soin des leurs de façon sincère, comment peuvent-ils croire que ces derniers se mettront corps et âmes derrière eux ?